Vert

Je n’ai pas de voiture et je n’utilise jamais le transport en commun. 3-4 fois par année je vais prendre le taxi sinon je me déplace à pied ou à vélo. Ce n’est parce que je veux ’sauver la planète’ ou que j’ai un quelconque pendant écolo, c’est juste parce que c’est comme ça.

La plupart des grandes surfaces ont la délicatesse d’aménager un lieu où stationner et cadenasser son vélo juste à coté du fumoir, si ce n’est pas en plein centre du cendrier. Paqueter ses petits en respirant une bonne bouffée de fumée secondaire est un luxe pour l’ex fumeur que je suis.

Il pleut, je suis à pied et je décide d’aller faire mes emplettes sur le chemin du retour. J’arrive au supermarché, le placier s’affaire à stationner un Hummer pendant que des ouvriers s’acharnent distraitement sur un cycliste en le bombardant de mégots. J’entre par la grande porte bio, celle qui te coûte 20 piastres pour le droit d’arborer un sourire fendant du haut de ton panier jaune de 75 pouces carrés. Slalom à travers des zombies aux cellules à l’air jusqu’à la caisse où t’accueille Sandra, fumeuse qui fait son job pour ne pas être sur le B.S. (le genre de truc que tu sais quand tu pédales un bicycle). L’entreprise voulant se soustraire au problème vert à même le portefeuille de ses clients, je suis pris à payer 5 sous le sac plastique.

Hop à la société des alcools. Petit rouge italien à 12$ et un 750ml de Smirnoff. Eux c’est 3$ le sac bio que tout piéton trainera sur lui en permanence, dans le meilleur de leur utopie, au cas où il aurait à refaire des affaires avec le monopoliste aux bouteilles vertes.

De retour chez moi je ramasse le journal du quartier et le publisac que je n’ai jamais sollicités. Le tout se retrouve illico dans le bac à recyclage.

Le journal du quartier, c’est une dizaine de pages format tabloïd. Le publisac, c’est un sac en plastique qui contient un poids de papier équivalent à celui de la Presse du samedi.

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